UA-57511743-1

QUAND LE RETRAIT NE MARCHE PAS

 

Le retrait, aussi appelé arrêt d’agir, est une technique de base en général très efficace pour gérer une situation où l’enfant est en crise.  L’objectif premier de cet arrêt est d’aider l’enfant en colère à se calmer.  Puis, une fois que l’enfant a retrouvé ses esprits, celui-ci est plus réceptif et l’adulte peut lui enseigner les règles de conduites ou les habiletés sociales adaptées à la situation qui a déclenché le conflit ou la perte de contrôle. 

 

On observe cependant que certains enfants se désorganisent lors des retraits au lieu de demeurer à l’endroit désigné et de se calmer.  Ils peuvent alors lancer les objets qui sont à leur portée, essayer de frapper l’adulte ou un enfant à proximité, frapper dans le mur, claquer une porte, etc.  Ces enfants, de type « kinesthésique » (comparativement aux types « visuels » et « auditifs ») ont besoin de bouger pour se calmer.  Rester immobile est donc extrêmement difficile pour eux!  La meilleure façon de les aider à retrouver leur calme est de leur permettre d’évacuer leur grogne de manière active en canalisant les gestes permis.  Voici différentes manières d’y arriver :

-          Mettre à leur disposition un « punching bag » en spécifiant qu’il est interdit de frapper une personne ou de détruire un objet mais qu’ils peuvent donner dans coups dans le coussin désigné.  Attention!  Ne prenez pas pour coussin un toutou, l’enfant pourrait interpréter qu’il a le droit de frapper un animal.  Prenez plutôt un objet neutre : un oreiller, un coussin, un module en mousse de la salle de motricité, etc.

-          Si leur émotion n’est pas trop explosive, les amener au lavabo pour boire un peu d’eau ou faire couler de l’eau sur leurs mains.  L’eau est calmante et cette activité leur permet de reprendre un certain contrôle;

-          Offrez-lui un « bon de colère ».  Il s’agit d’une feuille de papier un peu épaisse que l’enfant a le droit de déchirer, froisser, piétiner, etc.  Préparez ces bons à l’avance en mettant sur ces feuilles un petit personnage en colère.  Expliquez aux enfants ce que c’est et leur utilité et mettez-les à leur disposition.  Dites :  « Si tu es frustré et que tu as besoin de te défouler, tu sais que tu n’as pas le droit de briser un jouet ou de faire mal à un ami.  Mais tu peux prendre un bon de colère et le déchirer, cela fait du bien! » 

-          On peut également offrir à l’enfant une feuille de papier et des crayons et lui demander de « dessiner sa colère ».  Le dessin est un excellent support à l’expression verbale des émotions émanant d’une situation difficile, qu’il s’agisse d’un cauchemar, d’une peur ou de colère. Comme dans le cas du bon de colère, on peut ensuite suggérer à l’enfant de déchirer le dessin pour évacuer l’émotion dessinée. Voici comment une intervenante l’a utilisé pour apaiser une situation tendue :  « Après une journée cool, l'après repas était tendu, les enfants se couraient  après, se faisaient mal, se chatouillaient violemment. Mon fils crie "arrête!", ma fille continue… vous voyez le genre d'enchaînement galère… J’ai alors dit à ma fille "viens voir, on va faire un truc toutes les deux". On est parti dans la salle de jeu et je lui ai donné des feuilles en lui demandant si elle voulait bien dessiner comment elle se sentait. En grommelant, elle fait un gribouillis marron. Je lui demande si elle se sent bien, si elle trouve son état agréable, elle me dit non, et je lui propose de déchirer le dessin. Elle le fait, je lui propose de dessiner encore et elle accepte, c'est jaune et rose et plus petit. Puis un troisième, un visage avec un grand sourire, puis le corps avec plein de couleurs. Et elle me dit "c'est moi". Et on est parti se préparer, tranquille.  Je n'ai fait aucun commentaire, d'aucune sorte, juste proposé de faire le dessin et le déchirer. J'ai recommencé dans la semaine qui a suivi et elle a accepté à nouveau avec le même résultat. Les deux fois elle a désiré que le dernier dessin soit accroché dans la salle de jeu. Et quand quelqu'un vient à la maison, elle raconte ce qu'elle a dessiné ("j'ai dessiné ma colère puis j'ai déchiré le dessin, etc..."). » cf. site internet de la maison de l’enfant au www.wmaker.net/maisonenfant/index.php

-          La technique du « Stop-respire ! » peut aider l’enfant à se calmer, à la condition que la crise ne soit pas encore à son paroxysme. Fabriquez au préalable un tableau avec trois images : un enfant tenant un panneau « Stop », un enfant respirant une fleur et un autre soufflant une « balloune ». Placez ce tableau à la hauteur des yeux de l’enfant dans le coin de réflexion et accompagnez l’enfant en montrant l’image et en faisant les gestes avec lui. Les enfants doivent déjà connaître la technique avant de le faire dans une situation de crise. Présentez l’exercice du « Stop-respire ! » sous forme de jeu en expliquant que cet exercice est très utile pour contrôler son énervement ou sa colère. Voici comment procéder :

1.   S’arrêter : montrer à l’enfant l’image du stop et mettre la main devant soi.

2.   Respire : montrer ou pointer l’image de l’enfant qui respire une fleur pour l’inspiration. L’enfant fait semblant de tenir une fleur et la respire.

3.   Montrer ensuite l’image de l’enfant qui souffle une « balloune » pour l’expiration ou qui souffle les chandelles d’un gâteau. L’enfant fait semblant de souffler lentement une balloune.

Faire ainsi quelques respirations avec l’enfant. C’est actif et ça aide même les adultes!

 

Certains enfants vont frapper leur parent ou éducateur quand ils sont frustrés.  En aucun cas un geste violent envers l’adulte – parent ou intervenant -  ne devrait être banalisé. L’apprentissage du respect des autres commence au sein de la famille. Il n’y a pas de négociation ou de « chance » à donner.  L’adulte devrait nommer clairement l’interdit calmement mais fermement : « Non, frapper est inacceptable »  et mettre immédiatement l’enfant  en retrait. Une fois celui-ci calmé, l’adulte lui explique que ce geste est inacceptable, lui propose des alternatives, par exemple « Dis-le avec des mots » et demande à l’enfant une réparation comme de s’excuser. Finalement, encourager l’enfant en lui prédisant qu’il réussira à se contrôler la prochaine fois.  N’oubliez pas de faire des renforcements positifs et à manifester votre approbation quand l’enfant réussit effectivement à ne pas frapper!