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QUAND L'ENFANT TAPE SES PARENTS

 

Les parents sont désemparés quand ils voient leur enfant de 10-24 mois taper ou mordre les autres au service de garde ou à la maison. Quand l’éducatrice leur signale ce comportement ils répondent parfois «Oui, mais il le fait sans malice, il ne se rend pas compte. » ou encore «Il nous tape aussi mais c’est pour jouer…», tentant ainsi de minimiser l’incident. 

 

Bien des parents se reconnaîtront dans cette difficulté à affirmer leur désaccord avec leur bébé ou leur enfant plus grand, subissant et supportant trop longtemps les coups, pensant bien faire.  Pourquoi en arrive-t-ils à cette incroyable passivité?  Cela peut être :

 

-         par déni de l’agressivité de leur enfant

-         pour éviter la confrontation de l’intervention

-         par crainte que leur enfant ne les aime plus s’ils le contredisent

-         par crainte de reproduire un mode éducatif trop autoritaire subi jadis dans leur enfance

-         par manque de modèle parental ou d’outils d’intervention

 

Passer à l’acte agressif c’est poser une question: puis-je taper ? Puis-je cogner et dominer ? Il faut entendre cette question et non pas l’escamoter sous des excuses: il est si petit, il ne sait pas ce qu’il fait…etc.  Il ne faut  pas accepter que son enfant tape sa mère ni son père.  S’il tape ses parents il tapera les autres!

 

Mais que se passe-t-il au juste?  Quand l’enfant mord ou tape, il tente une expérience tout à fait naturelle à cet âge : « Si je tape qu’est-ce qui va se passer? » Une réponse claire, ferme et constante permettra à l’enfant d’apprendre les limites à ne pas dépasser.  Ceci implique que :

 

  1. L’adulte indique clairement, par son verbal et son non-verbal, que ce comportement n’est pas approprié, par exemple « Non!  Il est interdit de mordre! » (avec un visage mécontent).  Ceci peut être assorti visuellement d’un pictogramme « interdit de mordre »;
  2. L’adulte lui propose une alternative, par exemple montrer un pictogramme de ses sentiments, dire avec des mots ou tendre la main pour demander un objet, etc. On peut montrer un pictogramme de cette solution en vis-à-vis du pictogramme « Interdit de… »; 
  3. L’adulte répète ce même message chaque fois qu’un incident semblable se présente.  Il doit donc être constant et persévérant.

 

Que se passe-t-il quand l’enfant n’obtient aucune réaction de l’adulte après avoir frappé ou mordu, ou lorsque la réaction est différente à chaque fois? C’est là que que les problèmes commencent et risquent de durer!

 

Il est particulièrement troublant pour un tout-petit de mordre ses parents ou sa petite sœur et de ne recevoir aucune réponse.  Ce vide de réponse, cette absence de réaction ou cette petite phrase timide « Tu ne devrais pas faire ça, ça fait mal à Maman tu sais… » créent une surprise puis une angoisse profonde chez l’enfant: « Quand je mords, ça ne fait pas vraiment quelque chose… alors je peux continuer de mordre… ou je mords plus fort pour voir… ».


Ceci est vrai aussi avec les enfants plus grands.  D’autres parents pensent qu’il faut réagir en mimant l’enfant, répondre dent pour dent, cachant derrière cette réponse automatique un manque de moyens éducatifs. Réagir avec agressivité n’est pas non plus la solution. Les fessées et les tapes n’ont jamais servi à rien dans l’éducation d’un enfant, en plus de donner à l’enfant le modèle que l’on souhaite décourager.

 

Il s’agit pour les parents, non pas d’être violent ou passif, mais d’être convaincus!  Convaincus que ce n’est pas un jeu. Convaincus que ce n’est pas anodin. Que ce geste, ou même une ébauche de tape, est bien un geste agressif, en attente d’une réponse claire et constante. « Dis Maman qu’est-ce que tu penses VRAIMENT si je te mords? Hier ce n’était pas bien, aujourd’hui est-ce encore le cas? »

 

Rappelez-vous! Dire le mot NON ne suffit pas, il faut le dire avec la mimique qui va avec, le visage mécontent, et sans montrer de faille.   Vous êtes en droit de vous montrer fâché (momentanément et toujours sous contrôle) avec votre enfant et de le mettre momentanément en retrait. Suivi d’explications, de directives sur la conduite acceptable, se terminant par une ré-assurance de votre affection. De plus ce NON doit être répété avec constance. 

 

Si vous procédez ainsi au lieu d’accepter les coups, votre enfant apprendra à dire sa frustration plutôt qu’à agir ou à trouver des alternatives à ses petits conflits (partager, attendre son tour, etc.).  C’est ce qu’on appelle être sociable.