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LA TIMIDITÉ

 

La timidité est normale quand un enfant apprivoise un nouvel environnement et de nouvelles personnes mais elle s’estompe habituellement au fur et à mesure que l’enfant se sent en confiance. La timidité devient problématique quand elle persiste au-delà d’une période d’adaptation de 4 mois ou si elle devient un obstacle dans la vie de l’enfant par exemple en l’empêchant de s’affirmer ou de résoudre des problèmes.

 

Qu’est ce que la timidité excessive?

On reconnait un enfant timide par son manque d’audace et d’aisance et par ses moyens d’éviter la compagnie des autres.  Ils sont craintifs et affichent de la réserve.  En groupe ils sont souvent silencieux, parlent à voix basse et ne prennent pas d’initiatives.  On peut observer qu’il se fait souvent bousculer par d’autres enfants, gardent les yeux baissés ou  réagissent minimalement à une demande.  Voici les symptômes indiquant une timidité excessive :

  • L’enfant refuse d’interagir avec les autres
  • Il est souvent le souffre-douleur d’autres enfants
  • Il préfère être seul
  • Il ne parle pas fort ou ne dit rien dans des situations où il a besoin de quelque chose ou subit un préjudice
  • Il s’accroche à ses parents
  • Il est toujours craintif ou semble dépressif

 

Pourquoi un enfant est-il timide?

  • Il y a la timidité innée : il s’agit ici d’un tempérament, souvent héréditaire c’est-à-dire qu’un des parents a cette tendance, ce qui présente ce type de modèle en plus
  • Elle peut apparaitre chez un enfant sensible dont les parents sont trop autoritaires
  • Elle peut aussi apparaitre chez l’enfant dont le parent surprotège à l’excès, est anxieux ou présente le monde environnant comme étant rempli de dangers
  • Cette réaction peut être liée à un complexe dû à une caractéristique physique
  • Il y a aussi les enfants qui subissent les taquineries des autres membres de la famille.  Pour se protéger des railleries ils finiront par éviter la compagnie des autres
  • Cela est généralement lié à une faible estime de soi

 

Comment l’aider à surmonter sa timidité?

C’est un travail de longue haleine, il faut être s’armer de douceur et de patience!  Mais votre travail vous donnera la satisfaction de savoir que vous avez contribué à l’épanouissement de cet enfant et évité que cet enfant soit, à l’école, la cible d’enfants brutaux.

  • Rassurer l’enfant, lui donner un sentiment de sécurité.  Assurez-vous que l’environnement est sécurisant pour lui, par exemple de contrôler d’autres enfants qui pourraient lui faire peur ou le brusquer, lui expliquer tout élément nouveau...
  • Expliquez-lui que vous comprenez que c’est difficile pour elle de parler à d’autres personnes que la famille. Faites comprendre à l’enfant que vous comprenez ce qu’elle ressent.  Demander à l'enfant s’il souhaite pouvoir parler à l'avenir.  Dites-lui que allez l’aider et qu’ensemble vous allez réussir.
  • Souvent l’enfant n’ose pas exprimer verbalement ses besoins. Commencer par des activités non verbales avec l’adulte, comme de faire des activités côte à côte, sans se parler.                                                                                                     
  • Faire participer l'enfant à toutes les activités régulières de groupe, l’inviter à parler, sans jamais le forcer ni faire de commentaires si elle ne parle pas.                                                        
  • Soutenir toutes les tentatives de participation verbale, mais accepter au commencement les tentatives non verbales de communication : faire un geste, montrer du doigt, acquiescement de la tête, montrer un pictogramme.                                                                                                  
  • Augmenter graduellement les attentes de communication verbale, ceci doit être progressif. Dans les cas extrêmes on peut faire toutes ces étapes, sinon partir de celle où l'enfant est à l'aise :
  1. dire les mots avec les lèvres sans son
  2. répondre en disant « oui » ou « non » seulement
  3. chuchoter dans l'oreille de l’adulte
  4. Permettre à l'enfant de vous parler à vous et à d'autres en étant derrière une porte fermée ou un écran au commencement. Ne pas insister pour qu’il y ait un contact visuel
  5. Lorsque l'enfant vous aura parlé plusieurs fois dans la semaine, et quand vous vous serez assuré qu’il se sent en sécurité pour parler avec vous, même si ces situations sont limitées et restreintes, vous pourrez commencer à ignorer graduellement les interactions non verbales, et ne répondre qu’aux essais de verbalisation. Ne pas arrêter complètement et abruptement, mais sélectionner les circonstances dans lesquelles vous répondrez.    

            On appelle cela le modelage des réponses vocales.  Par exemple, seul avec l’adulte au début:

  1. l’enfant fait le mouvement de lèvres pour dire « verre d’eau »
  2. chuchote le mot «verre d’eau »
  3. chuchote, « je voudrais un verre d’eau »
  4. chuchote la phrase entière mais dit le mot « eau » à haute voix
  5. dit la phrase entière à haute voix                                                                         
  6. Refaire ensuite en présence d'autres enfants, dans le même ordre que ci-dessus.  Ceci peut vous sembler laborieux mais quand l’enfant se sent en confiance, cela évolue en quelques semaines et donner un bénéfices qui durera ensuite des années et même toute sa vie !             
  • Stimuler l’enfant, toujours sans brusquer, à s’affirmer par exemple en lui donnant le modèle de dire « Je n’ai pas fini de jouer avec ce jouet » ou « Je n’aime pas ça quand tu prends mon jouet ».  Il faudra parfois demander à l’enfant de répéter après nous.  Ton idée de la cloche est excellente mais cela doit être une étape intermédiaire.                                   
  • L'enfant peut être disposé à faire des enregistrements sur une petite enregistreuse; permettez lui de faire ceci complètement seule au début par exemple dans une pièce avec la porte un  peu ouverte, et graduellement obtenez la permission de l'enfant pour que l'adulte de confiance puisse s’approcher pendant l’enregistrement près de la porte, puis la porte grande ouverte, puis avec l'adulte dans la même salle mais loin de l'enfant et n’interagissant pas l'un avec l'autre; enfin en s’asseyant près de l'enfant.                                                                    
  • Faire vivre de petits succès à l’enfant, la valoriser et renforcer ainsi son estime de soi en disant « Tu es capable de dire que tu veux garder ton jouet», « Tu as réussi », « Bravo! Tu as réussi à sonner la cloche pour m’appeler»  mais attention!  Ces encouragements ne doivent pas être faits publiquement car « mettre le spot «  sur eux en demandant aux amis de les applaudir ou en les prenant à témoin ne fait que les enfoncer davantage dans leur gêne.  Il faut donc dispenser ces renforcements positifs seul à seul et discrètement!  Au fur et à mesure que l’enfant prendra confiance en elle on pourra passer à des encouragements un peu plus explicites.
  • Essayer de favoriser une amitié avec un(e) amie qui n’a pas un tempérament trop fort.
  • Pour les aider à s’exprimer, parlez souvent avec eux de sujets  plus neutres  par exemple l’inviter à faire parler des poupées ou marionnettes, parler de ses jouets préférés, de son animal familier à la maison, de sa grand-maman, etc.  Cela l’aidera à formuler sa pensée avec des mots.  Lui apprendre à chanter des comptines et des chansons peut aussi aider.                
  • N’en faites pas trop non plus! Respectez son rythme. L’enfant se sentira de plus en plus en confiance et sortira graduellement de sa coquille.                                                                                                                                  
  • Il ne sert à rien d’employer la force ou la ruse, ni de l’ignorer, autant de situations qui ne font que les enfoncer dans leur malaise.  Ne faites pas allusion à sa timidité. Ne lui dites pas: cesse d’être gêné ou timide, cela ne ferait que renforcer son retrait sur lui-même!  Ces comportements peuvent devenir agaçants pour l’adulte mais il faut comprendre que ceci est maladif et que cet enfant a besoin d’aide psychologique pour sortir de sa coquille.               
  • Les récompenses sont rarement efficaces pour obliger un enfant à parler mais peuvent être utilisées comme renforcement positif après que l’enfant a parlé spontanément ou lorsqu’il y a progrès.                                                                                                                                                    
  • Si cela ne s'estompe, consulter un psychologue.