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DES PROMESSES QUI FONT MAL

 

Tous les matins, la petite Léa, 3 ans, fait une scène au moment où elle voit sa mère se rapprocher de la porte pour s’en aller travailler.  Comme il est convenu au service de garde que le parent est responsable de l’enfant tant qu’il est présent, c’est au parent de gérer la situation.  La maman explique longuement à sa fille qu’elle doit partir, elle aimerait tellement que celle-ci soit raisonnable et la comprenne!  Mais Léa n’écoute même pas, elle crie et s’accroche.  Finalement la mère lui dit : « Si tu te calmes, je viendrai te chercher avant la sieste cet après-midi. »  Léa s’apaise et laisse partir maman… L’après-midi venu Léa s’agite, refuse de se préparer pour la sieste, surveille la porte avec anxiété.  Mais sa mère n’arrive pas.  L’éducatrice a toutes les misères du monde à convaincre Léa de s’étendre, sa sieste est gâchée. Après la sieste Léa est bougonne et agressive.  Maman arrive à 17h00 comme d’habitude…

 

Les promesses faites à l’enfant

 

Le dictionnaire Larousse nous apprend que promettre, c’est s’engager à faire quelque chose, prédire, laisser espérer.  La promesse mets en jeu deux acteurs : celui qui promets une chose à une condition et celui qui se plie à cette exigence dans le but d’obtenir la chose promise.  La promesse repose sur la confiance réciproque : le parent a confiance que l’enfant va accepter d’agir dans le sens demandé et l’enfant a confiance que le parent va exécuter sa promesse. 

 

Aussi longtemps que les deux acteurs remplissent l’entente, tout va bien.  Mais que se passe-t-il quand un des deux acteurs ne tient pas sa promesse?  Quand la promesse est utilisée par l’adulte pour amadouer un enfant et l’amener à faire une action souhaitée ou modifier son comportement, sans intention réelle de donner la chose annoncée?  Quand la promesse devient mensonge?  L’enfant éprouve de la déception, de la frustration, de la colère.  Si cela se répète il peut se sentir floué, manipulé.  À la longue il perd  confiance en la parole de son parent, son autorité est sapée. L’adulte se dit parfois que ce n’est pas grave, que l’enfant va oublier.  C’est faux, l’enfant est en position d'attente.

 

Il arrive parfois que l’enfant promette quelque chose au parent (en général à la demande de celui-ci), mais ne tient pas sa promesse.  Mais un enfant ne comprend pas bien encore les conséquences de ses actes ni la nécessité de respecter sa parole. Cela se comprend car c’est un enfant donc sa responsabilité est limitée, alors que vous, vous  êtes des adultes, donc votre responsabilité est entière. Autrement dit, vous devez respecter vos promesses, mais la réciproque n'est pas forcément vraie. De plus, en ne respectant pas vos promesses, l'enfant perd le modèle qui  pourrait lui permettre de comprendre et d’intégrer cette valeur.

 

 Alors que faire?

 

Les promesses devraient conserver un caractère exceptionnel.  Ne faites pas de promesses si vous n’êtes pas sûr de pouvoir l’exécuter.  Et si vous promettez une chose, par exemple d’amener votre enfant à une sortie, et que vous devez ensuite annuler cet engagement, prenez le temps de vous excuser, de lui expliquer pourquoi vous ne pouvez tenir votre promesse et, si possible, re-cédulez l’activité ou trouvez une compensation. L’enfant apprendra ainsi la valeur d’une promesse et saura que vous êtes une personne fiable.

 

Quand un enfant est en train de mal se comporter, ce n'est pas le moment de lui faire des promesses dans le but qu'il change son comportement. Utilisez d’autres techniques.  La maman de Léa, par exemple, pourrait instaurer un rituel au moment du départ où les actions sont faites  une à une dans le même ordre, tous les jours, le tout soutenu par des pictogrammes pour illustrer chaque étape. Et procéder rondement, sans s’éterniser à une étape du rituel.  De même, si l’enfant fait une crise, il vaut mieux recourir à l’arrêt d’agir qu’à la promesse pour le calmer.

 

La règle d’or : en aucun cas, il ne faut promettre à l'enfant ce que l'on ne peut tenir!